LA TERRE DE FEU
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Route vers le nord , mars 2006
Scratch, scratch, scratch! Que se passe-t-il? Ca me gratte sur le cote droit de ma figure. Je me leve, par a la salle de bian et me regarde dans le mirroir, AAH! J'ai le cote droite de ma figure completement bouffee par des insectes! MERDE! J'ai fait 46 mille kilometres en evitant ce genre de truc et c'est maintenant que ca arrive... et en Argentine en plus de ca. J'aurais compris en Bolivie mais pas en Argentine. Je regarde dans ma trousse de secour si quoi que ce soit peut remedier a mes gratouilles... y'a bien une pomade anti-gratouille, on va essayer. Mais au plus vite, on va partir de cet endroit. Je voudrais aller voir le pinguoins. Deja je me retrouve bleuffee par les explications des gens. Et attend betement pendant 1/2 heure une barque qui ne vient pas. Je me dirige vers un poste de telephone et compose le numero du prospectus. Je tombe sur un petit monsieur me disant qu'il ne part que s'il y a 6 personnes pour aller voir les pinguoins. Mais aujourd'hui, personne ne s'est inscrit donc le bateau ne part pas. Il est beaucoup trop tot pour attendre l'apres-midi que des gens non encore decides se decident. Je reprends donc la route, car le vent et les lignes droites me manquent plus que les pinguoins. Je loupe l'entree pour aller voir la foret petrifiee, comment aie-je pu faire ca? je devais etre en train de rever encore une fois et les panneaux d'indication etant si nombreux dans ce coin du monde que j'ai du passer a cote sans faire attention. Flute, une foret petrifiee de plus de 70 millions d'annees. Bref. Ca fait tout de meme du bien de rouler seule de nouveau. Meme si cette route toute droite est horrible, j'ai le temps de penser et d'aller a mon rythme. Les 2 semaines avec Maya etaient tres interessantes mais nous avions une grande difference lui et moi dans notre facon de voir les choses: Maya calcule ses reves, moi je les laisse vivre. Cela nous a vallu quelques discussions un peu animees ou j'avais l'impression d'avoir mon grand-pere me dire de faire attention a mon avenir. Effectivement, Maya, environ 45 ans, ayant travaille toute sa vie pour la petite entreprise d'equipement de montagne qu'il a cree, vit maintenant des fruits de son travail. Il est tres organise et ne commence jamais un projet sans avoir prepare exactement a l'avance chaque detail de l'operation et amasse 3 fois le budget requis. Moi a l'inverse, vivait jusque-la de ce qui venait et ce qui ne venait pas. Cette aventure n'a ete preparee qu'a moitie et c'est cela qui m'amuse en ce moment, j'ai du aviser pas mal de fois pendant ce voyage pour savoir quoi faire. J'ai fait pas mal d'erreurs du a ma negligence, mon inexperience, mon manque de preparation, mais j'ai tellement appris de ces erreurs. Et puis cette vie de boheme ne peut se vivre qu'une seule fois dans sa vie. Meme si je repars un jour a l'aventure, ce ne sera jamais plus pareil, ce ne sera jamais plus aussi frais et leger, la prochaine aventure sera deja justement plus calculee. Il va donc falloir trouver un autre moteur a cette nouvelle aventure, un truc qui fait qu'il y a quelquechose de defiant, un autre inconnu a decouvrir. Il va me falloir inventer un autre reve! Cela dit je me sens fatiguee en ce moment. J'ai l'impression que mon cerveau tourne en permanence a 100 a l'heure et que je n'ai plus autant d'energie pour decouvrir le monde. Va bien falloir pourtant retrouver un peu de tonus car je dois encore remonter jusqu'au Bresil et voir mes amis. Je roule vers Comodoro Rivadavia. J'en ai mare de rouler, cette route est chiante comme pas possible. Et puis ce vent constant qui me gifle sur le cote droit et m'obligeant a me pencher pour compenser l'equilibre. Mon pneu arriere est serieusement plus use d'un cote que de l'autre.Apres avoir tourner autour de quelques hotels je finis par en trouver un qui accueille ma moto. La gymnastique pour rentrer ma moto dans la mini cour est assez drole. Un mec pousse, l'autre souleve, le troisieme tire mais faudrait pas et comme il est sourd, je dois lui hurler dessus pour qu'il se calme... bref, une fois la moto en securite (et pour sur vu la ou elle est personne n'ira la bouger), je me fais installer dans un palace de 4 lits a etage tous serres ou je suis obligee de me contorsionner pour arriver a mon pieux, comme il n'y a pas de chaise dans la chambre et que les lits sont tellement bas, je suis obligee de m'assoir sur mes caisses pour pouvoir prendre mon repas du soir. Vous imanigez que dans ces conditions, le prix est plus que reduit. Mais ce soir je dors dans mon sac de couchage car pas question de me faire bouffer par les insectes encore une fois. Bouuh!