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BOLIVIELa Higuera, village ou Che Guevara est mort, jeudi 29 decembreOk, levee de bonne heure et de bonne humeur pour attaquer la route jusqu'a La Higuera, village ou le Che est mort. Rien a signaler jusqu'a Vallegrande, mise a part le fait que je ne m'arrete plus aux peages a l'entree des villages. A chaque fois on me demande 4 sous pour je ne sais quoi et j'en ai mare d'enlever mes gants a chaque fois. S'ils veulent que je paie, ils n'ont qu'a me rattraper. A la sortie de Guadalupe, juste apres Vallegrande, la route se retrecit, les eboulis se montrent et la pente se durcit. Ca me rappelle tout a fait la route dans la foret de Mendocino pres de San Francisco. Bientot je me retrouve avec le precipice juste a ma droite... Ma chere mere aurait horreur d'etre ici! Je continue a monter et me rapproche donc de la couche de nuage qui plombe le paysage. La route devient humide et glissante. Plus on monte, plus la boue s'epaissit. Ah, soudain grosse et epaisse flaque de boue en travers de la route. Le seul endroit sec est une bande de 20 cm le long du ravin. 2 solutions, passer lentement dans la boue avec les pieds au sol pour eviter que la moto glisse, ou alors bien viser la bande seche et passer vite fait. Je suis encore en forme ce matin, je retrograde en premiere, vise bien les 20 cm de sec, accelere un bon coup, vise de l'autre cote de la flaque une fois la moto bien engagee et.... zoupe, la roue arriere qui chasse a droite puis vite fait reprend de la grippe, je ne lache pas les gaz, la moto termine bien sa route vers l'endroit ou je vise, mes epaules se sont crispees, voila on est passe! Bouh, je ne me retourne pas pour voir ou la roue arriere a glisse car je suis persuadee que cela me ferait peur, je suis sure qu'elle a chasse au dessus du ravin. 100m plus loin, meme topo. Cette fois je passe lentement. Et puis les flaques de boue se font de plus en plus longues. Maintenant je suis sur les cretes dans le brouillard accompagne d'un espece de crachin de cheval froid. Il y a entre 10 et 30 cm de boue sur la route. Il est impossible de rouler dans l'herbe sur les cotes a cause des arbustes. Je suis donc pieds au sol a controler en permanence les vas et vients de la moto. Premiere chute a droite, 10 km, deuxieme chute a gauche. A chaque fois il faut attendre quelqu'un pour relever cet engin de 250 kilos. Les descentes sont avec le moteur coupe a utiliser l'embrayage pour mieux freiner... J'en ai mare! Et je me tape 20 km de cette merde brune et visqueuse. J'en suis couverte jusqu'au cou. Enfin la route perd de l'altitude. On est plus au sec, il fait plus chaud. J'arrive a Pucara, joli petit village ressemblant a la Corse, ou on me dit que je n'ai plus que 15 km de sec a faire avant d'arriver a La Higuera. Je suis crevee et fini ma route tres lentement a me crisper a chaque minus difficulte que je dois passer. A 3km de l'arrivee, j'apercois le joli petit village aux maisons blanches a toit rouge le long de la colline entre la vegetation tropicale plutot dense. "Hola, vous connaissiez Che Guevara?" Je m'amuse a demander cela au premier pepe que je vois en rentrant dans le village. Le pepe qui vetu de sa veste grise, son pantalon maron tout tache et ses galoches noires trouees, retrousse son chapeau laissant decouvrir un oeil bien atteind par la cataracte et l'autre oeil recroqueville, s'etonne de mon accoutrement jaune poussin, et laisse apparaitre une gencive seulement habitee de 2 dents pendantes pour me repondre: "Ah non pas moi, il faut parler a Ana, elle te dira tout sur lui!" Bien, mais avant tout, je cherche a manger. Forcement je ne trouve pas car ici il faut commander afin qu'ils puissent preparer. Je suis affamee et achete un paquet de gaufrettes dans un bouiboui pour me rassasier ainsi qu'un soda a la papaye. Cela fait, je vais au musee ou je rencontre Ana. Elle me laisse visiter le musee puis me montre le dortoir de l'ecole ou je passerai la nuit pour 10 bolivianos (1 euro). Je suis trop crevee pour passer les difficultees afin de mettre ma moto dans la cour de l'ecole. Le fils du bouiboui des gaufrettes me propose sa basse-cour ou ma loulou pourra passer la nuit avec les poules, les chevres, les dindons et les cochons. J'accepte, mais ce n'est pas forcement moins facile car a l'entree de la basse cour il y a un trou profond plein d'eau (et de boue) suivi de pierres tranchantes. Enfin, voila ma loulou bien en securite a la ferme des animaux. Je suis crevee et me repose 1/4 d'heure sur les marches devant l'ecole, a l'ombre des arbres. La Higuera compte peut-etre 15 familles. Il y a quelques maisons en rentrant, mais le principal tourne autour de la seule place. Au centre, un petit parc avec une petite statue du Che. A droite, du cote de la vallee, quelques maisons. A gauche, le bouiboui des gaufrettes, juste a cote l'ecole et puis une grande statue de la tete du Che. Au fond, l'espece de restaurant et l'ancienne ecole ou le Che fut tue et qui est maintenant transformee en musee. Le musee retrace bien l'evolution de la vie guerriere du Che et montre pas mal de photos. Je demande a Ana ce qu'elle pense du Che. Elle me repond sans trop de conviction qu'elle aimait bien le Che car il agissait pour la cause des pauvres. Ana est tres reservee et ne veut pas s'etendre sur la question. Je vais faire le tour du village. Partout il y a des grafitis, tous differents, du Che sur les maisons. Je discute avec les gens. Certains disent avoir bien connu le Che. L'un me raconte en detail les 2 journees ou le Che s'est fait capturer puis tuer. Je ne comprends pas tout, mais sa facon de parler me rappelle mon grand-pere paternel raconter un jour a ma grande soeur la fin de la guerre au Val d'Ajol. Il parle avec la meme simplicite, relatant un fait apres l'autre, sans jugement, sans un mot de trop... C'est emouvant. Son compere essaie de participer a la conversation, mais les molecules d'ethanol ont serieusement endommagees son systeme et je ne comprends rien a son baragouinage. En fait, c'est meme tres choquant de voir la degenerescence des gens dans ce coin perdu. La moitier de la population est handicapee physique et une bonne partie de l'autre moitier est handicapee mentale; certains sont meme les 2!!! La consanguinuite a du les rendre comme ca. On ne peut pas dire qu'ils soient sortis de la cuisse de Jupiter, c'est moi qui vous le dit! Je finis ma visite par l'auberge qui expose de belles photos ainsi que des livres interessants du coin et du Che. Cette auberge est tenue par un francais. Le soleil se couche et le repas m'attend au bouiboui des gaufrettes. La dame me montre des photos du Che vivant et mort ainsi que des coupures de journaux que je prends en photo. La bouffe est degueulasse et heureusement que je suis dans la penombre car je n'ai pas envie de voir la proprete des couverts. Je lui demande une biere que je bois au goulot pour faire passer le gout de la nourriture et eventuellement souler les bacteries... Nous discutons a la lueur d'une bougie jusqu'a 10h du soir avec la dame du bouiboui des gaufrettes. Elle ne comprend pas pourquoi les touristes vont a l'auberge du francais car c'est tres cher. Elle ne voit pas le difference entre les chambres coquettes avec salle de bain et eau chaude de l'auberge et les comodites plus que reduites du dortoir de l'ecole... Effectivement, chacun ces references. Ayant passe pas mal de temps chez mes grands-parents paternels vivant dans l'inconfort (mais toujours proprement) jusqu'a la fin de leurs jours, je m'adapte facilement aux conditions precaires, mais pour quelqu'un n'ayant jamais connu ca, la facilite d'adaptation doit etre plus difficile. Ici, les gens ne connaissant que la precarite ne peuvent pas comprendre le besoin de confort. Elle m'explique ensuite comment les gens vivent chichement d'agriculture et du petit peu de tourisme ici. Elle insiste bien sur le fait qu'il n'y a pas de culture de coca. Et puis l'ecole qui n'a pas de maitre, les femmes du villages s'organisent pour donner une education primaire aux enfants... pas etonant que ce pays ait tant de mal a decoller; l'education est visiblement le dernier des soucis des priorites politiques pour ces contrees lointaines. Je rentre me coucher. Dehors la voie lactee a devoile toute sa feerie... c'est magnifique de se bercer les yeux par cette myriade d'etoiles... d'autant plus qu'il n'y a aucune lumiere pour polluer la brillance de ces creatures "minuscules"... A l'ecole, quelques hommes se sont rassembles pour regarder la television. On vit pire que dans la campagne francaise des annees 50 ici. Une touriste italienne dort egalement dans le dortoir de l'ecole, ce qui me rassure car 1) il y a une photo du Che mort dans la piece et cela me rend tres mal a l'aise. 2) je ne suis pas seule dans cette piece de ce village etrange. J'ai bien merite ma nuit de sommeil. Mais la nuit qui porte d'habitude conseil ne m'a pas aide cette fois. J'hesite entre rependre la route dans l'autre sens et retrouver la boue, eventuellement mettre ma moto dans un camion pour eviter la boue ou continuer la route vers Sucre... Je verrai bien apres le petit dejeuner. Je vais donc chez madame bouiboui des gaufrettes qui n'a rien d'autres a m'offrir que... des gaufrettes! Je change de parfum (parce qu'il y a tout de meme le luxe d'avoir 5 parfums differents) et opte pour des gaufrettes au citron pour accompagner le the de coca. Je n'ose pas m'aventurer dans le cafe au lait vu la tete de la cafetiere. Ce village me rappelle plein d'histoires de mon village en France. A la vue de la cafetiere, je pense a l'histoire de la Jeanne Gazon dont un joyeux luron avait mis des tetons de cochon dans sa chaussette a cafe qu'elle utilisait pendant toute une semaine. Hier, toujours dans la piece de chez madame bouiboui des gaufrettes, j'avais l'impression d'etre chez le Pere Tetin et sa cuisine toute noire. Maintenant c'est ma tasse de the au coca qui arrive et voila que je me retrouve avec mon grand-pere maternel cette fois. Un jour il etait alle soigne une vache dans une ferme tres retiree de sa province la-bas a Champlitte en Haute-Saone et comme l'operation avait ete difficile, il avait accepte un bol de cafe chaud avec un morceau de pain. Le seul coin a peu pres propre du bol etait un coin ebreche ou il s'est evidemment empresse de boire. Il etait en pleine action quand il entendit: "Oh ben vous faites comme moi Monsieur Capgras, je bois toujours par le cote ebrrrrreche!" Avait dit la petite grand-mere dans son melange de patois franc-comtois et bourguignon. Donc, je suis devant ma tasse de the au coca pensant tres fort a mon grand-pere ne sachant quelle partie de la tasse choisir. Je ricane entre mes dents, respire un coup, m'empare de la tasse, la porte juste au bout de mes levres, balance la combinaison tete/tasse en arriere et avale le contenu amer d'une seule traite! Je ramene tout le monde en avant, repose la tasse et voit ma petite dame bouiboui des gaufrettes me tendre la theiere pour m'en remettre un coup. J'ai finte, malgre ma grande soif a en avoir les levres seches ce matin, que j'etais rassasiee. Je remercie Madame bouiboui des gaufrettes et vais a l'auberge ou je rencontre Jean, le francais. Je raconte mon petit-dejeuner chez madame bouiboui des gaufrettes et ca fait rire toute la galerie. Jean me conseille de continuer ma route sur Sucre car la route sera seche et est, d'apres lui, en tres bon etat. On parle de choses et d'autres et je me rends compte qu'il y a enorment de rivalites entre les differentes familles du village, et notamment envers les francais. Ca ne doit pas etre facile de vivre ici. Je vais chercher mon engin et avec l'aide 2 gugusses (dont l'un demande des sous) je sors ma moto de la ferme des animaux. 1/2h apres, je dis au revoir a tous ces gens qui font maintenant partie de souvenirs tres originaux et quitte cette drole de Cour des Miracles. Me voila de retour sur la route... et comme a chaque fois, je suis heureuse d'etre sur mon bolide. Les premiers kilometres sont tres bien, la route est bonne et la descente est agreable. Le soleil est au rendez-vous dominant le ciel parfaitement bleu. Je croise 2 4*4. Il est bon le conseil de Jean! Arrive en bas de la vallee du Rio Grande, les se gatent. Je dois traverser un endroit ou le sol est de l'espece de sable volcanique gris. Avec les pluies rescentes, le sable melange a l'eau a forme une espece de boue collante qui en sechant est devenue dur comme de la pierre. Le probleme, c'est que les traces de pneus de voiture ont seche en faisant des sillons qui s'entrecroisent. Je m'engage la-dedans a une certaine allure et tres vite la moto se met a danser des mouvements dans tous les sens. Haaaa! Ca fait tres peur. En plus, le poids a l'arriere a tendance a donner plus de force aux mouvements. En fait, la roue avant ne peut pas ecraser la boue seche entre les sillons et rebondit en hurtant la parois des sillons croisants. C'est qu'ils font parfois 25 cm de profondeur. Donc on ralenti et me voila comme hier, a rouler les pieds au sol dans la boue... seche cette fois-ci! Mais je ne m'en tape seulement quelques centaines de metres. Ah, voila le Rio Grande. Un magnifique pond suspendu fut construit au-dessus du lit de riviere tres large et plein d'alluvions. Le pond passe, la route longe le Rio Grande. La vallee est immense et belle avec toutes les couleurs de la nature presente. Autre probleme, il faut passer tous les lits de rivieres qui vinnent des montagnes et se jettent dans le Rio Grande. Le plupart ne presentent de difficultes particulieres mise a part le fait qu'ils demandent de la patience afin de ne pas prendre de risques et ne pas tomber. C'est que je suis toute seule ici et n'ai croise aucune voiture depuis que la partie technique a commence. Je retrouve de temps en temps ma boue volcanique seche, puis de la vraie boue. J'arrive maintenant dans une espece moraine. Les pierres sont trop grosses pour etre passees avec ma moto. De l'autre cote, la route semble descente fortement vers un lit de riviere. Je fais un tour rapide des lieux afin de voir ou je pourrais passer. Je peux contourner les grosses pierres par la droite et rejoindre la route de l'autre cote pour descendre dans le lit de riviere. Me voila partie a droite, tout de meme au dessus de pierre mais moins grosses et recouvertes d'une bonne couche de sable, pour contourner les grosses pierres. Completement a droite je dois passer dans un talus ou ma caisse de droite empeche un passage sans desequilibre. Mais ca passe quand meme. Hop, je retourne a gauche pour rejoindre la route et me voila maintenant perpediculaire a la route, les grosses pierres a ma gauche et la descente de la route dans le lit de riviere (sec) a ma droite. Mmmmmmm! Si j'etais motarde experimentee, je pencherais la moto et tenterais de la laisser aller dans les alluvions, MAIS... je sens que mon engin est lourd et si quoique ce soit se passe mal dans la descente, je ne pourrais rien controler et ce poids de 250 kg peut me tomber dessus. Pas quertion de me rompre les reins ici! Je penche la moto sur la droite, donne un peu les gaz pour l'engager dans la descente et une fois emportee par la pente, je coupe mon moteur enclenche en premiere vitesse. De cette maniere, j'utilise l'embrayage pour freiner car je ne peux pas utiliser mon pied droit (necessaire pour le freinage arriere) qui est occupe au sol a equilibrer tout le systeme et peux difficilement utiliser ma main droite (actionnant le frein avant) qui est occupee a maintenir le guidon. Et nous voila partit, les 310 kg que nous faisont, en sacade pour faire les quelques metres de descente raide dans les alluvions. Dans la descente, la moto se redresse, je serre la poignee d'embrayage, remonte mon pied sur le cale-pied et tout en finissant la descente, redemarre pour pouvoir mettre les gaz une fois en bas. La roue arriere s'enfonce dans le lit bien mou, fait quelques petits derapages et zou, nous voila bientot de l'autre cote. Finalement, pas si complique une fois fait! Le 2ieme passage difficile de riviere sera une autre hitoire. Je m'engage dans la partie seche du lit et m'arrete pres de la riviere pour marcher afin de me rendre compte de la situation. A mon premier pas, je m'enfonce de 10 cm au moins dans les alluvions. Le courant est fort. Je prefere attendre que quelqu'un vienne pour m'aider a passer ca. J'eleve mon casque, le soleil me tape en plein sur la tronche et j'attends en mangeant des raisins secs. Enfin un type se pointe, d'ou et pour aller ou...??? Grande question. On est vraiment au milieu de nulle part ici. Je lui demande de m'aider a quoi il me repond que oui mais seulement si je paie. Je lui offre 10 bolivianos. Il accepte et nous passons la moto. Un autre type est venu se pointer. Lui m'explique qu'il y a encore une riviere a passer et qu'apres, tout redevient normal. Merci, je me remets en route. Effectivement, apres une vingtaine de kilometres, quelques bans de sables, de la caillasse et autres trucs en tout genre, une belle riviere bien profonde et au courant tres fort barre le passage. Juste, avant, ma gauge d'essence s'est allume pour me dire que je commencais a etre sec. La, quelques jeunes gens se baignent dans la riviere. J'enleve mon casque et leur dmande de l'aide. Juste a la vue d'une gonzesse, je vois 3 jeunes et beaux garcons se pointeren offrant gentillement leur service! L'un m'explique de mettre mes pieds sur les cales-pieds et m'explique la trajectoire a suivre. Je fais donc tout cela et mets les gaz. La moto s'enfonce dans la riviere, j'ai de l'eau jusqu'aux genoux, je garde bien une vitesse stable et lente afin que mes gaillards puissent suivre afin d'equilibrer la moto qui glisse sur les grosses pierres. La moto remonte de l'autre cote, j'entends des "Youhouuuu" de joie, mis les gaz et monte la petite pente raide de la route sortant de la riviere. Puis je m'arrete. Je retourne a pied voir mes amis afin de leur donner quelques bolivianos pour se payer une biere. Je me suis garee pres d'une voiture... si cette voiture est la c'est que la route est bonne. Ce genre de voiture ne peut pas aller dans des endroits chahutes. Effectivement, plus riena signaler, mais je suis crevee... donc ne roulepas vite. Je traverse quelques hammeaux ou je ne peux trouver de l'essence, puis enfin atteinds le premier village. En rentrant, le chauffeur d'un camion m'arrete. Il veut connaitre l'etat de la route car il change tres rapidement en fonction de la meteo. Je lui dresse donc un etat des lieus adapte a sa situation. Tout le monde se presse dans lecamion et hop les voila partis. Quelques gamins restent autour de moi a se demander qui est cet extra-terrestre. Je continue dans le village et voit un signe m'indiquant que je peux acheter de l'essence. J'achete 5 litres et la dame, impressonnee de me voir seule venir de cette route, m'offre des gateaux de Noel... Que ca fait plaisir! Je ferai encore quelques kilometres pour atteindre Villa Serrano, un bourg ou je trouverai un hotel pas cher mais vraiment degueulasse. Moi qui aurait tellement besoin d'une douche! Je suis obligee de gonfler mon matelas pour l'etendre sur le lit, mettre ma veste de moto crado en guise d'oreille et dormir dans mon sac de couchage pour etre dans quelquechose d'un peu hygienique!!! Je m'endore en repensant a toute cette belle aventure... Madame bouiboui des gaufrettes, le monsieur relatant les derniers jours du Che, la boue, les pierres a passer... Vraiment des moments tres forts et innoubliables. Il va m'etre tres difficile de retourner a une vie normale apres tous ces moments de bonheur, de surprise, de crainte... tous plus intenses les uns que les autres! Chili rate, en route vers l’Argentine, jeudi 12 janvierVers 10h, je suis de nouveau sur la route. Vers Tupiza cette fois, en direction de l’Argentine. J’aurais pu essayer de reparer mon radiateur a Uyuni et faire la traversee du desert mais meme essayer d’acheter du liquide de refroidissement fut impossible. Uyuni me porte mal chance. Les gens sont a 80% des cretins et j’ai besoin de fuir cette ville d’idiots ! Je repars donc sur une route en taule ondulee… de la grosse taule ondulee. Parfois il faut passer des bans de sable et je suis tellement crevee mentalelement que je roule tres tres tres lentement. Cette ville m’a videe le cerveau. C’est la deuxieme ville que je n’aime pas pendant ce voyage. La premiere c’etait Cali en Colombie ou les gringos ne venaient que pour la drogue et le sexe. Je suis donc la sur la route essayant de retrouver des forces. Apres tout, ce n’est pas bien grave, ce ne sont que des cons c’est tout… Oui mais je suis aussi frustree de ne pas avoir fait la traversee du desert ni celle du Salar… Et puis cette route de m… et ca p… de taule ondulee. Mais non, c’est rien, ce n’est qu’une route et des gens cons a Uyuni. Tu vas pas t’en faire pour ca ma vieille. Non, je ne devrais pas, c’est vrai. Et puis l’Argentine il parait que c’est super. Oh p… !! C’est vraiment un pays pourri ici. Mais eeeeh, ca va pas ? T’as eu les meilleurs moment d’aventure de toute l’histoire de ton voyage ici…. Et ainsi soit-il, les pensees qui s’empressent comme un yoyo dans ma tete tant que cette route de m… defile devant moi. Et puis !!! Surprise totale ! J’entre dans une nature immense pleine de couleurs et de cheminees de fee. C’est magnifique ! La route descend vers un lit de riviere de sable. C’est super de rouler la dessus. Je suis dans un canyon. Et puis la route remonte pres d’un village abandonne ou je rentre dans le cimetiere. Et ca redescend dans la riviere. Apres 3h de route j’atteinds Atocha, une ville miniere tres moche mais vraiment interessante a voir. Je m’arrete pour remettre du liquide de refroidisement dans ma moto, discute avec des gens qui, a mon grand etonnement, ont de tres bonnes connaissances sur la France et le monde. Et puis je repars dans mon lit de riviere puis entre mes cheminees de fee, tout en remettant du liquide dans mon radiateur. En fait les arrets radiateur ne sont qu’un pretexte pour admirer le paysage et oublier que la route est mauvaise a certains endroits. Enfin la fin de la route arrive. Je suis au-dessus des collines a 4000m et une grande, immense vallee a la vegetation bien verte et aux cheminees de fee bien rouge s’ouvre devant moi. Encore une sceance photo obligatoire !! Que la nature est belle. Je finis les quelques kilometres avec une moto fatiguee qui me dit tout le temps : s’il te plait, j’ai besoin de repos !!! Ce sera bientôt fait avec un petit hotel avec piscine ou madame retrouve des copines ! Moi j’y retrouve Marc, un francais rencontre a Uyuni et qui est en train de se debrouiller pour aller travailler dans un village dans une ferme contre logis et nourriture. J’aime bien ce genre de personne… Il n’attend pas que les choses se fassent comme elles se font, il provoque sa chance et ca me plait ! La route vers la frontiere est vraiment chiante. La taule ondulee est encore pire que la veille et le paysage est bien plus terne ! Mais ca se fait vite 90km. J’arive a la frontiere et que vois-je du cote Argentin ? Un grand panneau disant : Ushuaia 5121 km ! On n’est pas si loin ! |
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