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PEROUL'entree au pays des Incas, mercredi 9 novembre 2005Putain! On m'a pique un truc dans la sacoche avant gauche! HA, j'imagine la tete du mec faisant bien attention que je ne sois pas aux alentours, actionner rapidement son bras afin d'ouvrir la sacoche, s'emparer vite fait de ce qu'il peut s'emparer, prendre ses jambes a son cou afin de courrir loin du lieu du crime, ralentir pour examiner ce qu'il a derober, observer le petit sac orange qu'il a dans la main, s'empresser de l'ouvrir avec ses doigts crasseux et y trouver quoi? Un rouleau de papier toilette!!!! HA HA HA! En plus il etait tout neuf car je venais de le mettre le matin meme! .... Que ca me fait rire. Le douanier me regarde se demandant bien pourquoi je ris si fort. Les cons, vraiment les cons. Et ils s'imaginent encore que les gringos sont assez stupides pour laisser des trucs de valeur sans securite. Joe me l'avait dit: "dans cette partie du monde, ce qui importe c'est de te voler un truc, pas forcement pour une grande valeur, mais juste pour te voler, pour avoir l'impression d'etre puissant". Ben voila, c'est fait, a peine passe la frontiere de l'Equateur au Perou, on m'a deja vole un truc. Ce qui m'enerve, ce n'est pas d'avoir perdu mon PQ, mais plus le petit sac qui contenait le PQ, c'etait un cadeau de mes amis allemands Guddy et Charlie, un petit sac Ortlieb, resistant a l'eau et pratique a utiliser n'importe ou. Oui parce qu'en Amerique Latine, il est rare de trouver du papier hygienique dans les chiottes (il est egalement rare d'y trouver ce qu'on appelle dans un langage correcte des toilettes...). Mais heureusement que le mec a ouvert cette sacoche et pas l'autre car il aurait derobe ma housse et j'aurais ete tres malheureuse sans ma housse car elle protege bien de tous les regards! ... Huaraz, mardi 15 novembreVoilà, il est temps de reprendre la route de nouveau. C’etait vraiment chouette ces 4 jours chez Melissa. Sa famille est tres accueillante et chaleureuse. Je me suis de nouveau sentie comme a la maison. Pendant le petit dejeune, je lis le journal et l’article sur notre periple. Le journaliste a fait un tres bon article et la photo est sympa. Il nous a bien mentionne tous les 3 et a meme fait un encadre special pour Melissa qui est du coin. Je tiens absolument a partir avant Brad et Melissa car je veux laisser toute la petite famille se dire au revoir en prive. C’est la premiere fois que Melissa part de la maison, et elle part pour une grande aventure dans la vie. Ces moments sont tellement intimes que je ne peux pas me permettre de m’imposer. Je fais donc mes adieux a tout le monde et sort de la cours en faisant de grands signes. Je m’approche du premier kiosque a jounaux afin d’acheter le journal pour moi. Je n’ai meme pas le temps de m’arreter que le marchand sort en brandissant le journal et montrant la photo. HA ! Que ca me fait rire. Je pourrais presque derober le journal au passage et m’enfuir. J’y pense, juste pour faire la farce et revenir quelques minutes apres pour payer, mais je ne suis pas en France ici et prefere me la jouer discrete. Je m’arrete, donne 1 sole 30 au marchand, range mon journal dans ma boite et repars. Je suis sur que le mec a du se vanter pendant 3 jours a ces copains d’avoir vendu le journal a un des motards. C’est drole… Je sors de cette ville que je n’aimais pas et il y a une vraie puree de pois sur la route. Super ! Je longe de nouveau cette horrible cote desertique. Bientôt je serai dans les montagnes. Je ne compte pas arriver a Cuzco en longeant la cote, je prefere prendre les petites routes par derriere qui ont l’air magnifiques. Je loupe le virage vers le Canon del Pato et arrive dans Chimbote. Pouah, ca pue ici ! Il y a des usines de mise en conserve de poisson et vraiment c’est pire que la criee !!! En plus ca fume de partout et je ne suis pas sur que ces fumees soient tres ecologiques. Je fais demi-tour vite fait et retrouve mon chemin. Je rentre de nouveau dans une large vallee et le soleil commence a pointer son nez. Le long de la route il y a des canaux d’irrigation venant des montagnes pour alimenter les risieres le long de la cote. Aprs Chiquirian, la route s’arrete et on s’engage sur un chemin. Apres 5 minutes, je sens mon moteur qui s’emballe. Je retrograde, pareil, pas de jus. Je m’arrete, regarde a droite, ma chaine touche le sol. MERDE ! Voilà que ma chaine a casse. Un bus arrive dans la direction opposee juste a ce moment-la ; ca tombe bien. J’arrete donc le bus tout en descandant de ma moto afin de demander de l’aide. 4 hommes sautent du bus et je leur montre le probleme. En fait, la chaine n’est pas cassee, elle a juste saute. Ca fait 15 jours que je disais qu ;il fallait que je la retende, mais j’oubliais tous les matins ! Et voilà, j’ai du passer dans quelques trous et elle a saute. Rien de grave donc, en 10 minutes ma chaine est remise en place et retendue. Me voilà de nouveau en route. L’allure est moins vive aujourd’hui, pas question d’aller a 100 a l’heure dans les virages. La vallee se retrecit pour s’enfoncer vraiment dans un canyon tres etroit. Le paysage est plisse. On voit que les pressions sont fortes entre les couches terrestres dans cette partie du globe. Que j’aime la geographie ! Je m’arrete en route pour prendre un pot a boire et encore une fois, une femme vient sans me parler et enn me touchant. Ca doit etre vraiment rare ici une femme a moto. D’autant plus que maintenant je voyage seule donc c’est encore plus intriguant. Je reprends la route et le canyon est vraiment tres etroits maintenant. On est meme oblige de passer dans des tunnels. Que c’est amusant ces tunnels. Je veux prendre une photo. Je m’arrete, m’installe et je suis en pleine action quand j’entends : TOOOUUUUUUUUT, TOOOOUUUUUUUUUUUUUUUUT !!! Flute, un camion est en train de rentrer dans le tunnel. Sans reflechir, je saute sur mon guidon, enclanche la premiere et me rue dans le sable epais sur le bord du tunnel. C’est un bus qui se pointe. Le chauffeur fait meme salut en passant ! Il passe me laissant dans un horrible nuage de poussiere m’enpechant de respirer correctement. Je suffoque, j’ai du mal a reprendre ma respiration apres cette frailleure. Je reprends mes emotions et me demande bien ce que j’ai fait de mon appareil photo. HA ! Meme dans la precipitation, j’ai eu le temps de le mettre dans son etuis. Il est donc la prêt a prendre la prochaine photo ! J’ai eu de la chance. Si j’avais coupe mon moteur je serais peut-etre morte a cette heure, ou la moto serait sous le bus. En plus heureusement que je viens de regler mes soucis de phare avant qui deconnait. Mes emotions remises, je me depatoge du sable et me remets en route, sort du canyon pour monter vers le col. La il y a des cultures de San Pedro, un cactus aux effets hallucinogene. J’aimerais bien essayer ca juste pour voir ce que ca fait. Apres tout, je n’ai jamais pris de drogue dans ma vie, ce n’est pas ca qui va me tuer ! Mais nous n’en sommes pas la. Les villages ici sont tres isoles. Il n’y a meme pas d’essence. J’arrive dans le village de Huallanca. Je suis fatiguee de cette petite route. Je prends une glace en attendant Brad et Melissa. Cusco, dimanche 18 descembreLa fin du grand plateau arrive et on commence a redescendre une immense vallee. Je m’arrete dans un village afin de prendre un petit dejeuner. Ce village est plus sympathique que celui du plateau. Je m’arrete devant le restau ou des hommes parlent entre eux. Je ne comprends pas ce qu’ils disent. J’enleve mon casque, entends quelques rires, bloque mon guidon et descends les quelques marches. “Buenos Dias”. “Buenos Dias”. Je m’assois au bout d’une table. Une petite fille vient me demander si je veux manger, a quoi j’approuve de la tete. Elle me dit qu’il n’y a que de la truite avec du riz. Ma foi ca fera! Personne n'est habille en habit traditionel ici. Personne n'ose m'approcher ou me regarder. Il n'y a pratiquement que des hommes dans cet endroit. Une femme entre, fait quelques achats puis s'approche de moi. "Bonjour" me dit-elle. "Que fais-tu par ici?" J'exlique mon voyage et d'ou je suis. Les hommes se retournent et je commence a susciter moins de mefiance. Cette femme, Glore de son prenom, me pose quelques questions par rapport a mon pays mais aussi par rapport au Perou qu'elle ne connait pas. Puis elle me prend la main en me souhaitant bonne chance et en me disant qu'elle est contente de compter une amie de plus dans son petit mon. J'aime egalement ces moments de rencontre avec des gens presque inconnus mais dont l'expression du visage vous reste en tete pendant de longues annees. Glore sort du restaurant et un des hommes de ma table me demande de repeter mon histoire. Je suscite maintenant l'attention de tout le restaurant. Les blagues commencent a fuser, l'ambiance est detendue. Je me vois enfin servir mon repas. Mmmmmmm, que ces petites truites sont bonnes! Je n'avais pas mange de truite avec autant de gout depuis que mes grand-parents en avaient dans leur etang. Je voudrais manger tranquillement mais c'est impossible, ces hommes me parlent, me posent des questions... j'essaie de poser egalement quelques questions sur eux mais ils repondent tres vite et de facon tres ephemere. Ce qui les inquietent c'est comment on vit en Amerique, combien coute la moto, combien de kilometres entre la France et ici? C'est ou la France? Il y a de l'argent en France? Combien de chevaux a ma moto? A quelle vitesse je peux rouler? Si je suis mariee? Ou est ma famille? Que fait mon pere????...??... Ils ont besoin de comprendre pas mal de choses sur ma personne! Il m'est tres delicat de repondre car tres souvent les notions geographiques et culturelles sont tellement differentes entre eux et moi que je ne suis pas certaine qu'ils pigent tout ce que je raconte. Parfois je reponds en plaisantant, notamment lorsqu'on me demande en mariage... Ce n'est pas que je n'aime pas ces gens, mais je dois repartir. On prend quelques photos dehors. Les hommes, comme a chaque fois, regardent bien chaque detail de la moto. Je redemarre et Vroum, me voila sortie du village en faisant un grand signe de la main a mes amis. La route descend superbement puis arrive en bas de la vallee et suit le court d'eau. Que c'est agreable de rouler par la. Je dois tout de meme etre vigilante car il y a pas mal d'eboulis sur la route. Je suis a la sortie d'un village quand je vois 2 Yamaha 225 arretees sur le bord de la route. Je m'arrete et fais la connaissance de 2 nouveaux japonais; Mina et Roy. Mina vient juste de glisser sur les gravillons et s'est fortement rapee le genou. C'est la que je suis contente d'avoir mon costume qui protege bien! On discute 5 minutes, j'en profite pour aller faire un petit pipi (dans des toilettes turques sans porte et sans chasse d'eau) et je me remets en route car je veux etre a Cusco pour la nuit. Les canadiens m'ont rattrape. Je me rends compte a quel point c'est mieux d'etre moto. Lorsque je passe devant des enfants, ils me saluent et me crient apres, c'est drole. Je m'arrete dans un village et suscite tout de suite l'attention. En voiture... rien de tout ca... on passe absolument inapercu! Que ca doit etre monotone... Les derniers 150 km seront assez durs. Tantot la pluie, tantot le soleil, je commence a etre fatiguee, ca monte et ca descend, ca tourne dans tous les sens, je me leve sur mes cale-pieds, je me rassois... Je suis prete pour une bonne douche et un bon lit. |
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