L'ENVOL, SAN FRANCISCO
Les heures s’accumulaient à gérer la qualité de bases de données géographiques très compliquées dans un espace de travail d’exactement 2,85 mètres carré et 4,56 mètres cube si on ne considère que le mètre soixante de hauteur des murs amovibles gris et sales qui m’entouraient toute la journée. Certes le travail y était intéressant, même passionnant si on pensait à ce modèle conceptuel si détaillé et en progrès constant dû à l’intégration infinie d’attributs nécessaires à la navigation routière. On n’aurait pas voulu qu’un client se retrouve dans une impasse sombre d’un quartier infâme de New York ou qu’il soit poursuivi par les « cops » parce qu’il roulait dans le mauvais sens sur l’autoroute! Mais ces murs étaient pour moi comme une prison. Pour me rendre la vie plus joyeuse, je les avais décorés de photos de voyage. Et un jour, je me suis mise à rêver… à rêver de paysages grandioses, d’oiseaux très grands se laissant porter par le vent, de chemins escarpés dans les montagnes, de villages isolés dans la foret, de visages ridés par le soleil. Les images d’une grande aventure se formaient dans mon esprit !