Tourist Trophy 2012

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   --- 15h40, Grandstand, le départ du TT zéro est finalement donné ! On n'entend pas le vrombissement de ces motos silencieuses à la radio ; seule la voix du commentateur nous permet de comprendre que le coup d'envoi fut donné. Ils ne sont finalement qu'une petite dizaine au lieu de 18 à s’être lancé dans cette course folle sur ces motos si spéciales à piloter ! Rutter, Miller, McGuinness ou les autres arriveront-ils à dépasser la moyenne des 100 miles/heure (160 km/h) sur le légendaire Circuit de la Montagne Snaefell lors de cette troisième édition des motos électriques ? ---


On attend depuis 10h du matin au magnifique point de vue de Creg-Ny-Baa ; ce virage permet aux spectateurs de voir au total presque 2 km de circuit, avec une belle descente d'1 km signalant la fin de la partie montagne, un revêtement pas très linéaire offrant un magnifique freinage de la part des compétiteurs pour amorcer le virage à 90 degrés pris avec force, puis suivi d'une accélération démesurée pour atteindre le maximum de vitesse sur les 2,5 km de route libre avant l’entrée de ville. Cet endroit devrait nous donner des sensations fortes toute la journée, et cela en toute sécurité ! On ne voudrait pas revivre l’expérience de l'avant-veille à Cronk-y-Voody où, placé sur le talus juste à la sortie de la première bosse, les pilotes passaient à fond de caisse à moins de 50 cm de nous. Il aurait suffit d'un rien pour qu'un pilote ne contrôle pas sa moto à la sortie de courbe et percute le talus en nous explosant au passage ! A peine le premier pilote passé, nous nous étions résigné et étions partis un peu plus loin, sur un autre point de vue moins dangereux.


   --- Ballacraine, 2 compétiteurs ont déjà abandonné la course à cause d'un problème mécanique ; l'un a visiblement un souci avec son système de freinage dynamique ! Le reste des compétiteurs poursuivent leur course, McGuinness en tête avec quelques secondes d'avance sur ses concurrents. ---


Moi, je ne connaissais pas l’existence du Tourist Trophy (le TT), ni même de l'Ile de Man d'ailleurs, jusqu'à ce que je rencontre Marc et le moto club ajolais ce fameux soir d'hiver Chez Narcisse, il y a quelques années déjà ! Cela peut paraître bizarre que je ne connaisse pas cette course légendaire puisqu'on me prend souvent pour une mordue de la moto et férue de géographie. Mordue de la moto, oui, mais pas vraiment pour l'aspect sportif de l'engin, plutôt, et surtout, pour l'aspect liberté qu'offre ces majestueux chevaux de fer, guère plus ! Férue de géographie, très certainement, mais il reste heureusement un paquet de « crottes d'oiseau » que mon oeil ne peut distinguer sur ma carte du monde à l’échelle du 1 / 28 500 000 ; cela laisse de la place à la liberté de découvrir !

Marc disait que le TT était une course incroyable, une compétition complètement folle où le circuit n’était ni plus ni moins que les routes de l'ile elles-même, et où les pilotes dépassaient toutes les limites du possible pour réaliser non pas LA course, mais LES courses ! Le TT est loin d’être un Grand Prix Moto classique avec 2 jours d'essais et une course finale sur circuit fermé et en toute sécurité permettant de mettre au point les derniers prototypes des constructeurs moto sur une cylindrée bien spécifique. Le TT dure 2 semaines incluant une semaine d'essais et englobe plusieurs catégories de moto de série correspondant aux différentes courses.

Marc avait toujours rêvé de traverser les eaux pour se rendre sur cette ile de beauté située en pleine Mer d'Irlande, mais il ne s’était jamais donné le temps de réaliser ce beau projet ; alors pourquoi ne pas y aller pour notre voyage de noces ?


   --- Ramsey, il ne reste plus que 3 compétiteurs en course ! Non, 4, même s'il est loin derrière, Rob Barber est toujours dans la course ! Le reste a dû malheureusement abandonner ! C'est l’entrée de la montagne, McGuinness est en tête mais rien n'est encore joué ! ---


Le TT a commencé en 1907 par un concours de circonstances. Vers la fin du 19ieme siècle, un riche homme d'affaire américain initie les courses automobiles en Europe. A cette époque, il n'y a pas de circuits ; les courses avaient donc lieue sur les routes. En Grande Bretagne, la vitesse étant limitée à 14 m/h (21 km/h), il était impossible d'y accueillir des courses automobiles. Mais sur l'Ile de Man, avec son indépendance gouvernementale, il suffisait de bloquer les routes pour laisser passer les compétitions ! C'est ainsi qu'en 1904, les premières courses automobiles ont démarré.

En 1907, le TT est initié avec deux catégories de moto : les mono et les bi-cylindres. Le parcours était très diffèrent de celui d'aujourd'hui ; il ne faisait que 15 miles. Le départ était à St John, empruntait vers le nord une partie du circuit actuel, puis revenait à Peel par la côavant de revenir àSt-John. Le plus rapide était au commande d'une mono-cylindre ; il a mis 4 h, 8 min et 8 sec pour compléter les 10 tours du parcours, soit une moyenne de 38 m/h (61 km/h). La Route de la Montagne Snaefell fut adoptée en 1923 et n'a quasiment plus changé depuis cette date ; il fait 37 miles (60 km), compte une dénivelée de 1,385 pied (422 m) et un total de 264 virages !


Le TT a fait partie des courses de moto GP entre 1949 (date du début des championnat du monde en moto GP) et 1976 ; il était même considéré comme le plus prestigieux. En 1976, il fut transféré en Angleterre sur un circuit pour des raisons de sécurité mais l'Ile de Man a conservé le TT pour des raisons principalement économiques car il attire énormément de touristes ; le TT prend alors une autre dimension, il devient une légende, la course ultime pour tout pilote de moto de sport !


   --- Creg-Ny-Baa, les motos descendent, légères, silencieuses, elles semblent freiner sur un tapis de velours et passent le virage sous les applaudissements des spectateurs... Michael Rutter a visiblement pris la tête de la course ! On les voit maintenant disparaître derrière Brandish Corner ! On les imagine rentrer en ville sans l'attaque agressive habituelle, comme enfermé dans une bulle de quiétude et de sagesse... Ces motos sans bruit changent l'esprit de la course ! ---


Si on m'avait dit un jour que le TT était une aventure, je ne l'aurais pas cru ! D'ailleurs, on a du me le dire, mais je ne l'ai même pas écouté ! Moi, Anne Girardin, figure légendaire des destinations insolites et de moyens de transports saugrenus, comment pouvais-je un seul instant imaginer que traverser 2 minuscules mers et un morceau d'ile (qui plus est, celle de nos pires ennemis les anglais), ainsi que de vivre aux aléas des marées et des vents sur un minuscule lopin de terre soit une entreprise épique à part entière ?

Il a fallu d'abord atteindre le port d'embarquement du premier ferry à Rotterdam sans avoir plus de précision sur son nom, en limitant les autoroutes et en réparant une roue au fin fond de la Belgique ! Ensuite, après une soirée d'amusettes et une bonne nuit de sommeil sur le ferry, il a fallu apprendre àrouler àgauche, chose pas très évidente lorsqu'on conduit une moto car le repère du volant àdroite n'existe pas ! Enfin, il a fallu arriver en moins de 60 heures depuis le Val d'Ajol, au port d'embarquement de Heysham pour embarquer sur le ferry de la Steam Packet Company qui nous mènerait vers notre objectif final : Douglas sur l'Ile de Man !

En chemin, nous avons rencontré déjà quelques engoués de moto comme ces deux manceaux venus sur une Harley Davidson exigüe chargée comme une mule ; heureusement qu'ils avaient loué une tente sur place sans quoi le poids additionnel aurait surement fait basculer l'engin ! Il y avait aussi ce couple de septuagénaires anglais qui a pris l'habitude de venir chaque année depuis 45 ans ; les genoux de Monsieur faisant défaut de fiabilité, ils ont opté pour une moto àtrois roues ! Bien sur, on ne pouvait pas compter le nombre de motocyclistes en sportives, tous plus ou moins arnachés de combinaisons de cuir, de casques offensifs, de dorsales de requin en tout genre et de bottes de compétition multicolores ! Et puis, il y avait cet allemand qui s’était décidé au dernier moment après avoir hésité àfaire plutôt le tour du monde sur des navires marchands et qui venait sans réservation au comptoir des diverses ferrys !

Sur l'Ile de Man, nous avons choisi le camping comme mode d’hébergement ; il paraît que le TT, ça se fait en camping ! Nous avons donc opté pour le terrain de foot qui nous permettait de nous inscrire en ligne. Ca tombe bien car il est situé dans Douglas à5 minutes des Grandstands et des paddocks, àcôé d'un supermarché, pas trop loin du centre ville et sur l’extérieur du circuit ce qui nous permet plus de flexibilité au niveau des déplacements pendant les périodes de course. En plus, il est très bien aménagé avec accès aux douches chaudes et toilettes du club de foot local mis àdisposition des campeurs, une grande tente permettant de se détendre devant les rétrospectives de la journée ou de nous sécher en cas de forte pluie et une caboulette offrant petit-déjeuner, thé, café, snacks, soupes et sandwichs pour le repas du soir. Vraiment, on est très bien logé, on ne verrait surement pas ça en France, un club de foot qui s'organise pour accueillir des touristes en masse et se faire une bonne cagnotte pour le fonctionnement du club !

Enfin, il y a eu la découverte du circuit qui ne traina pas puisqu'à peine installés au camping, Marc nous embarqua au guidon de sa belle GS de raid sur les routes tortueuses, cahoteuses et sans visibilité du fameux Circuit de la Montagne Snaefell ! Marc connait le circuit par coeur... en vidéo ! Il a eu beau regarder des dizaines de fois les films des années précédentes ainsi que faire et refaire le circuit des dizaines de fois et aussi vite que possible aux manettes de sa console de jeux, tout cela ne l'avait absolument pas préparé au couloir brimbalant qui défilait sous ces roues ! Comment ces pilotes, aussi talentueux soient-ils, font-ils pour rouler àfond la caisse, hors des limites du commun des mortels, sur ces routes effrayantes ?


   --- Grandstand, 3 des compétiteurs ont passé la barre des 100 m/h de moyenne ! Michael Rutter en tête avec 104,056 m/h, suivi de John McGuinness puis de Mark Miller. Rob Barber arrivera le dernier avec plus de 6 min de retard et en-dessous du record à battre mais il passera la ligne d’arrivée ! ---


En 100 ans, le TT a fait 200 morts parmi les pilotes. On ne parle évidemment pas des morts parmi les visiteurs car le chiffre serait surement effrayant. Au début de notre séjour, il y a eu 4 morts en 5 jours, dont un à 6h du matin alors que les routes étaient désertes... ou presque puisque le motard avait oublié qu'à cette heure matinale, les éboueurs ramassaient les poubelles avec leurs gros engins pas toujours bien garés !

Pour cette raison, le TT a failli être arrêté mainte fois. Si il existe encore aujourd'hui, c'est en grande partie grâce à la pugnacité des pilotes qui insistèrent pour que la légende continue ! Cette légende, elle tient beaucoup aux britanniques car elle leur rappelle l'age d'or de la moto entre les deux guerres. A cette époque, les clubs moto faisaient foison et ils avaient plusieurs facettes. Des courses de côavaient lieues tous les weekends sur les routes publiques. La compétition était féroce, on faisant des paris et personne ne pouvait prédire les gagnants !

Cette pugnacité des britanniques est heureusement accompagnée d'une forte volonté politique mannoise qui résiste aux pressions externes telles que les assurances, l’éthique, les sponsors grincheux, etc... L’indépendance de l'Ile de Man joue encore énormément sur le maintien de cette course folle. L'ile est sous la couronne d'Angleterre en bénéficiant de sa défense et de sa représentation à l’étranger négociées il y a déjà plusieurs siècles, mais ne fait pas partie de la Grande Bretagne, ni du Royaume-Uni, ni de l'Union Européenne, ni même du Commonwealth. Elle utilise sa propre monnaie, la Livre de l'Ile de Man qui se cale sur la Livre Sterling ; les billets ne sont pas utilisables au Royaume-Uni à cause de leur impression spécifique. L'île possède son propre parlement, le Tynwald, qui est, selon l'histoire, le plus vieux parlement du monde sans discontinuité ; il fut mis en place en 979 et trouve ses origines chez les vikings ayant conquis le Royaume de Mann vers les années 800. Le parlement siège dans la jolie petite ville de Saint-John. On l'a découverte l'autre jour en cherchant un endroit sympa pour regarder la course. Le centre bourg est un village au milieu des grands chênes ; c'est très vert et très ombragé. Les mannois parle le Manx, une langue celtique de la branche des langues gaéliques ; cette langue est malheureusement mise en danger et le parlement a récemment pris des mesures pour la conserver.

Le parlement a également pris des mesures pour que le TT soit conservé dans les meilleures conditions possibles et l’équipe d'organisation du TT s'est rattachée aux règles du Auto-Cycle Union qui régie le fonctionnement des courses moto en Grande Bretagne ; la sécurité routière fut largement renforcée auprès des visiteurs avec de grandes campagnes de communication prévenant des dangers du circuit et de la vitesse, mais aussi le règlement de course fut revu afin de ne plus laisser rouler les pilotes dans n'importe quelles conditions. On a vu au musée Manx àDouglas des films de courses du début du siècle se passer dans des conditions exécrables, sous la pluie et dans le vent ! La vitesse n’était pas aussi folle qu'aujourd'hui mais les motos étaient moins fiables, les routes n’étaient pas toujours goudronnées et les chutes devaient être autrement impressionnantes !


   --- 16h30, Grandstand, c'est le départ des side-cars, on entend le bruit des moteurs vrombir à chaque démarrage ! Il y a à peine 40 participants pour cette deuxième course ! Au premier équipage, on imagine les grands favoris mannois, Dave Molyneux et Patrick Farrance, partir comme des balles ! On attend leur passage avec impatience pour qu'ils nous donnent des sensations fortes ! ---


Les routes de l'Ile de Man ont en réalité une histoire très intéressante ; elles sont étroitement liées à la géomorphologie fort volcanique de l'endroit et suivent l’évolution des prouesses techniques. Jusqu'au 17ieme siècle, elles furent construites en laves pour faciliter la mobilité des chariots et au 19ieme siècle, alors que l'automobile se développe, certaines sont pavées ; ce sont les premiers procédés d'empierrement de chaussées suivant les méthodes de l’écossais John Loudon McAdam (chut, en France on dit que c'est un ingénieur des Ponts-et-Chaussées qui a inventé la méthode et que l’écossais a copié !).

Au 20ieme siècle, les routes ont été petit à petit revêtues de bitume et beaucoup sont de simples enrobés sur les anciennes routes en laves ; c'est exactement pour cette raison que ce circuit est unique, qu'il ne peut pas être inventé ! Comment serait-il possible de reconstituer ce que l'histoire a créé ? Aucun ingénieur quel qu'il soit ne pourrait concevoir autant de diversités dans les formes, les tailles et les irrégularités en tout genre du moindre fragment de cette trajectoire insolite ! Sans parler de la quasi-invisibilité tout au long du parcours à cause des haies et des murets ancestraux séparant les parcelles de terre ! Quoi de mieux finalement pour un constructeur automobile que d’améliorer les performances de ses véhicules de série qu'un tel parcours ?


   --- 16h34, ils sont à Ballacraine ! On se souvient de l'autre soir, pendant les essais, le Marshall sur le bord de la route portant le drapeau « Sun » pour indiquer aux compétiteurs que le soleil couchant allait les gêner en entrée de virage ! On se souvient du passage de la machine à 30 cm de la murette ! On aurait pu toucher la roue du side ! On se souvient de la position du singe la jambe en l'air, agrippé à ses arceaux pour ne pas être éjecté ! ---


Courir le TT, c'est faire appel àdes pilotes hors du commun. On pourrait penser que les pilotes de moto GP pourraient faire l'affaire mais c'est se tromper ; d'ailleurs, tous ceux qui ont osé se risquer le temps de quelques tours sur le Circuit de la Montagne Snaefell se sont fait peur ! De plus, le TT n'est pas qu'une simple course de quelques tours : c'est plusieurs courses de plusieurs tours ! Ce sont tout d'abord des tours et des tours d'essais pour ajuster les machines pendant la première semaine, suivis de tours et de tours de compétition pour gagner les différents prix distribués pour chaque catégorie et  par sponsors principaux.

1. Il y a la catégorie des Superbike qui sont des motos de 1000 cm3 pour les bi-cylindre et 750 cm3 pour les 4 cylindres. Elles sont techniquement proche des motos de série mais peuvent faire preuve de modifications quant àla performance sportive de la moto sauf pour le carénage qui ne doit être changé. La première course de superbike ouvre la semaine de compétition et la dernière, celle des seniors, ferme le TT. Les 2 courses font normalement 6 tours, soit un total de 360 km.

2.Ensuite il y a la course des Superstock qui sont aussi des 1000 cm3 mais beaucoup moins modifiées que les Superbike puisque seules quelques modifications assurant une meilleure sécurité de pilotage est autorisée. Les Superstock ne font que 4 tours, soit 240 km.

3.Il y a également 2 courses de Supersport qui sont des motos de série récente ou en production de 600 cm3 pour les 4 cylindres et jusqu'à 750 pour les bi-cylindre. Les Supersports ne font également que 4 tours !

4. Cette année, les Lightweight (poids légers) ont fait partie de la compétition. Ce sont des bi-cylindres de 650 cm3 maximum, àrefroidissement liquide et homologués sur route depuis 2005. Ces machines font généralement un bruit d'enfer, comme de vieilles Norton ! Les Lightweight font 3 tours, soit 180 km.

5. Pour la troisième fois consécutive, le TT zéro est présent et met en compétition les seuls prototypes de la course, des moto électriques. Elles doivent faire entre 100 et 300 kg, on un voltage limité à500 volts, possèdent un système de freinage dynamique, etc. Pas mal de nouvelles règles propres àces engins du future ! A cause des faibles performances àemmagasiner l’énergie, ces motos ne font qu'un tour ; beaucoup n'y arrivent même pas.

6.Et enfin, ma catégorie préférée, les side-cars ! Peuvent concourir, les moteurs 2-temps n’excédant pas 350 cm3 et les moteurs 4-temps n’excédant pas 600 cm3. Cette année, plus aucun moteur 2-temps n’étaient sur la ligne de départ. Les side-cars font 2 courses de 3 tours, soit 180 km.


Cette année, John McGuinness s'est inscrit au TT zéro car il voudrait dépasser Joey Dunlop et détenir le record des gagnants en types de course ! Il n'y est pas arrivé puisqu'il vient d'arriver second ; il va falloir remettre ça l'an prochain !


Quand on réalise l'ampleur du TT, on se rend compte que les pilotes de moto GP, les plus hors paire qu'ils soient, sont trop habitués àleurs laboratoires pour être capables de gérer les myriades d'aléas des routes mannoises et le rythme de compétition. Pour concourir sur l'Ile de Man, il faut savoir déconnecter son cerveau de la fonction « risque potentiel » et « j'ai toutes les chances de mon côté pour gagner ». Quand on fait le TT, qu'on est àfond de caisse dans les pif-pafs de Glen Helen, les bosses de Braddan Bridge ou le froid de la montagne, on ne pense qu'àsa trajectoire, pas au reste ! Un pilote a dit une fois : « pour faire le TT, il faut faire le premier tour àfond, si ce premier tour n'est pas fait àfond, alors on ne le fera jamais ! »


   --- 16h36, tous les équipages ont pris le départ ! On les imagine bien sur différents endroit du parcours, certains allant plus vite que d'autres et les rattrapant déjà ! ---


Il fait vraiment un beau soleil cette fois autour du circuit. On a chaud et la lumière est superbe. Si seulement le séjour s’était passé comme la première semaine avec un temps magnifique, à pouvoir visiter l'ile dans tous les sens depuis l'aube jusqu'au crépuscule, c'est-à-dire vers 23h ; Douglas est située à54°de latitude, soit 6°de plus que Paris, ce qui rallonge bien les journées par rapport àla France.

L'Ile de Man fait 50km par 20 et est en gros divisée en deux parties : la nord et la sud. Chaque partie possède sa chaine de montagnes offrant de somptueuses routes pour des ballades à moto sympathique. Le point culminant, le Mont Snaefell, situé dans la partie nord, surplombe la mer d'Irlande sur 360° à 621m au-dessus du niveau de la mer, soit un peu moins que la moitié du Grand Ballon, point culminant des Vosges. Depuis ce point haut, il est possible d'observer les envahisseurs qui venaient des côtes anglaises, irlandaises et écossaises. Car les envahisseurs furent nombreux depuis le néolithique et ont créé une histoire riche basée sur la culture celte que les mannois conservent avec précaution.

Jusqu'à l'age de fer, l'île a vécu essentiellement de l’élevage de moutons et de la pêche mais la vie y était difficile. Ensuite, ayant trouvé des minerais intéressant tel que le zinc et l'argent, l'île devint prospère. Le commerce, essentiellement basé sur l’échange, s'est développé de façons intensive afin de pouvoir importer des produits non cultivables sur ces terres au climat marin rude. Mais les minerais s'important à des couts moindre depuis les autres continents du monde, l’économie mannoise déclina à nouveau. Cependant, l'esprit commercial subsista dans l'esprit des habitants, grâce à quoi le tourisme fut développé (le TT étant la plus grande manifestation de l'île en accueillant au moins 50 mille motards chaque année) et le commerce international entretenu avec des taxes très basse. Aujourd'hui, l'Ile de Man continue à prospérer au point où il n'y a pas de chômage.


   --- 16h39, les premiers sont au petit pont de Ballaugh ! On imagine le singe se cramponner pour passer le rebondi puis se renfrogner dans son side afin de limiter le frottement avec l'air dans les lignes droites ! ---


Grâce à la conservation de l'héritage mannois, on ne s'ennuie pas sur l'île. toute la période d'essais, on a pris presque toutes les routes possible et inimaginable de l'île afin de nous rendre d'un point à un autre ; les parcs naturels dans le sud, le pharedans le nord, les « glen » (ces jardins de verdure au bord des rivières), le petit train électrique (le train de la mine encore en bois) jusqu'au Mt Snaefell, le moulin de Laxey et son tissage encore en activité, la jolie ville de Port Erin, le château fort de Peel, le Manx Museum, etc, etc. Il y a tellement de choses diversifiées à voir sur l'île qu'un motard peut facilement venir avec sa famille pour y passer des vacances le temps du TT.

On a trouvé des beaux endroits pour regarder les essais ; le pont de Ballaugh oùmême les side-cars décollent en passant le dos d’âne, le fantastique virage de Ballacraine, les stands de départ (Grandstand) oùil est possible de voir les pilotes de tout près, et puis tout le chemin le long du dernier mile avant la ligne d’arrivée oùl'enfilade de virages permet d’apprécier la plus ou moins bonne dextérité des compétiteurs.

Marc s’était fait un plaisir àphotographier certains pilotes avec l’épaule enfoncée dans l'herbe du talus comme s'ils s'appuyaient dessus, ou leur envolée depuis le pont de Ballaugh, ou encore leur position presque horizontale en courbe. On pic-niquait ici, on trempait nos pieds dans l'eau là, on prenait un petit sentier de galets tassés, on s’arrêtait pour boire un verre avec nos voisins de camping, bref, on profitait bien !

Un soir, on s'est même aventuré sur la partie montagne. Pendant la période du TT, cette portion du circuit est ouverte en sens unique et aménagée pour garantir la meilleure sécurité des visiteurs, mais la vitesse y est illimitée ! Je m’étais lancée à la vitesse qui m'est la plus confortable pour ce genre de route, soit 100 / 120 km/h, Marc me suivant au début puis s’échappant pour se faire plaisir. Mais j'ai eu quelques frayeurs en me faisant dépasser par ces bolides lancés àplus de 200 km/h. Certains roulaient proprement mais d'autres pas vraiment ; on a vite compris pourquoi il y avait tant d'accidents parmi les visiteurs.


   --- 16h43, Ramsey ! Déjà un équipage a dû abandonner dans les derniers compétiteurs ! ---


Et puis, la pluie est arrivée pour la deuxième semaine, celle des courses ! A cause des routes glissantes, les courses sont souvent reportées à des heures plus tardives voire reportées au lendemain, ce qui nous impose de longues périodes d'attente. Et puis on s'est retrouvé trempé aussi. Heureusement, nos voisins de camping, les luxembourgeois, nous on laissé leur grande tente en partant car ils étaient trop chargés pour le retour, ce qui nous a permis d’être plus confortablement installés. Mais il pleut parfois si fort qu'il est impossible d'envisager d'aller visiter un truc et encore moins de pic-niquer ! C'est alors installée une atmosphère d'ennui où le grand souci de la journée est de savoir dans quel bar nous allions bien pouvoir passer le temps. En plus, nous n'avons qu'un ordinateur pour deux, ce qui m’empêche de commencer à écrire !


   --- 16h49, Creg-Ny-Baa ! Le premier équipage sort de Kate's Cottage, le singe se renfrogne dans son side, le pilote entame la descente ! Le side tangue dans tous les sens pourtant la vitesse augmente, le bruit du moteur est infernal ! Attention au freinage ! Le pilote contrôle les freins et la maigre décélération! Le singe se positionne pour équilibrer la moto dans le virage ! Ils passent à fond de caisse dans un bruit de tonnerre ! Le singe est agrippé autour du pilote la jambe gauche levée vers le ciel, la jambe droite cramponnée sur la barre métallique arrière, il faut absolument ramener le centre de gravite le plus possible à l’intérieur de la courbe ! La machine semble déjà à pleine vitesse en sortie de virage mais le pilote accélère encore et encore dans la descente vers Brandish Corner... Déjà au fond, l’équipage suivant entame la descente, plus virulent, mais avec un freinage plus fort et un peu moins impressionnant ! S'ensuivent, espacés de temps variables, les autres compétiteurs, moins violent, mais bringuebalants plus les uns que les autres sur le tarmac ! ---


Ce matin, le temps n’étant pas trop moche on fait un tour complet du circuit et on se posé à l’hôtel situé à la fin de la montagne : Creg-Ny-Baa. Au début, on partait toujours trop tard et on finissait toujours par devoir prendre les petites routes pour arriver où nous voulions. C’était bien pour découvrir ce paradis et profiter de belles routes comme celle de la montagne du sud entre Port Erin et Foxdale. Mais on arrivait parfois trop juste pour trouver une place intéressante.

Ce matin, on a décollé suffisamment tôt mais l e temps est maussade ! Comme à chaque jour de course, on se déplace à deux sur une seule moto, Marc aux commandes ; c'est plus simple pour ne pas se perdre et se garer. Grâce au ciel gris et inquiétant, peu de motards se sont engagés sur la partie de montagne, en tout cas, pas les dingos en sportives : on reconnaît vite les aventuriers ! Marc n'est pas allé plus vite que moi l'autre jour, mais le fait de ne pas sentir de danger a rendu cette route très agréable !

A Bungalow, on en a profité pour tirer le portrait de Marc avec Joey Dunlop, ce champion du monde irlandais et également plus grand gagnant de tous les temps au TT avec 26 victoires ! Après sa mort accidentel en 2000 sur le circuit ouvert de Pirita-Kose-Kloostrimetsa à Tallin en Estonie, une statue fut érigée en son honneur le long du circuit du TT. Avec le froid, le sourire de Marc était aussi raide que celui de Joey en fonte !

Le frère de Joey, Robert, courait lui aussi et s'est également tué en course en 2008. Les 2 fils de Robert, William et Michael, pris par le virus familial, courent maintenant en championnat du monde sur route. Cette année, ils sont concurrents dans 2 équipes différentes sur le TT. Même si ces deux petits gars paraissent prometteurs, arriveront-ils un jour à réaliser ce que l'oncle a accompli ?


   --- 16h51, Grandstand, c'est la fin du premier tour pour le premier équipage, le retour à la ligne de départ pour entamer le deuxième tour ! ---


Le soleil nous faisant un clin d'oeil juste au moment où nous quittions Joey, on a décidé de s’arrêter un tantinet plus loin, au virage de Creg-Ny-Baa. C'est un endroit intéressant car l’hôtel offre des places VIP pour regarder la course depuis la terrasse et il y a 2 tribunes, une de chaque côté du virage) pour admirer la course. Après s’être garé selon les ordres du jeune valet dans la cour de l’hôtel pour la somme de 2 livres, on s'est vite précipité pour obtenir une place dans un endroit ou un autre. L’hôtel était déjà complet mais il restait justement 2 places dans la tribune en sortie de virage. Certes, chaque place vaut 20 livres, mais comme l'attente risque d’être longue avant le départ des courses, on a préféré payer et être tranquille. L'avant-veille, à Cronk-y-Voody, on a du attendre 2 heures qu'un accident survenu à Crosby juste avant la fermeture de la route se dégage pour pouvoir fermer le circuit et commencer les courses. Heureusement, on avait prévu le casse-croute et les bouteilles d'eau ! Aujourd'hui, ce n'est pas un accident qui fait défaut, mais la météo et nous n'avons pas de casse-croute.


   --- 16h55, les premiers partis sont de retour à Ballacraine ! On se souvient du singe enfoncé dans son side depuis le bout de la ligne droite ! On ne les voyait pas bien venir depuis Greeba Bridge à cause des bosses et des arbres très feuillus le long de la route ! Avant la fin de la ligne de droite, le singe était sorti de sa cage pour se mettre en position afin de passer le virage ! On aurait presque pu attraper sa jambe en l'air tellement il était près de nous, juste derrière la murette ! ---


Pendant les essais et les courses, la radio IOM TT donne constamment des informations sur le déroulement des opérations. Certaines informations, comme les heures de fermeture de circuit, sont traduites en allemand et en français ce qui permet à la majorité des touristes de comprendre ce qui se passe. La fermeture de la route devait avoir lieue vers 9h45 mais finalement, après inspection de l’état de la route et renseignement sur la météo de la journée, le circuit ne serait pas fermé avant midi.

Le choix pour Creg-Ny-Baa aujourd'hui fut stratégique car à cause de la pluie de la veille, nous n'avons pas préparé de repas pour la journée. L’hôtel offrant boissons chaudes, repas chauds et bières sous la grande tente située sur le parking, nos ventres seraient ravis pour la journée à défaut de ravir nos yeux et nos oreilles ! Il ne serait pas surprenant qu'une ondée passagère vienne encore repousser la nouvelle heure de départ.

Effectivement, après quelques gouttes de pluie et plusieurs mises à jour, la fermeture de la route fut ordonnée à 15h et le premier départ prévu pour 15h30 !


   --- 16h58, il doivent être à Kirk Michael ! L'autre jour, un équipage est tombée en panne juste à cet endroit, le moteur fumait dans tous les sens et le singe, une femme, était noire de crasse sur son visage ! On pouvait lire la déception de ne pouvoir finir cette course numéro 1 sur les traits de leurs visages ! Sont-ils de retour aujourd'hui pour cette seconde course ? Ont-ils réussi à réparer leur bolide ? ---


Vers 14h45, les Marshalls ont commencé à organiser le carrefour de Creg-Ny-Baa et dévier les motards et automobilistes du circuit vers la route de secours qui passe derrière l’hôtel et descend vers la mer. Le circuit était quasiment dégagé quand les commissaires de course sont passés dans leur voiture noire avec à l’arrière une pancarte « Road closed », route fermée ! Les Marshalls se sont alors mis en branle-bas de combat pour fermer complètement le circuit. Une fois fermé, seuls les gens ayant un dossard officiel peuvent rentrer sur le parcours comme les commissaires, les secouristes et les photographes.

Une fois la route fermée, il est impossible d'y accéder pour le public. Parfois, si les Marshalls en ont l'autorisation, une possibilité de traverser à des points précis est donnée entre certaines courses par le commissaire principal. Si jamais un quidam se fait prendre à traverser ou même longer la route alors que les Marshalls ne l'ont pas autorisé, l'amande peut être lourde et le poursuivre jusqu'à son domicile ! Il est donc important de toujours bien choisir son point de vue avant la course afin de ne pas être coincé.

Pour assurer la sécurité maximum et pouvoir relayer les informations importantes aussi vite que possible, les Marshalls sont placés le long du circuit de manière à toujours voir le précédant et le suivant. Ainsi, en cas de problème, si un Marshall lève un drapeau pour alerter d'un danger, les Marshalls précédant prennent tout de suite le relais pour avertir les pilotes qu'un problème est survenu plus loin. Pendant la période d'essais, on a vu le drapeau rouge se lever à cause d'un gros accident de side-car survenu plus loin ; les essais avaient été instantanément arrêtés. L'autre jour, pour le premier jour de course, on a vu le drapeau jaune se lever pour une quelconque raison ; 5 minutes plus tard, le drapeau vert avait indiqué que le danger était passé.

Le circuit est réouvert quand la course est finie et que les commissaires de course sont passés dans leur voiture noire avec à l’arrière la pancarte « road open », route ouverte.


   --- 17h02, ils doivent être à Sulby Bridge ! Le passage du « S » doit être éprouvant pour le singe qui doit être rapide dans son changement de position ! Renfrognement en ligne droite, agrippage autour du pilote, appui leur les pattes arrières, lâchage d'une main, agrippage, lâchage de l'autre main, agrippage, fin de mise en position sur le côté extérieur ! Il n'a pas droit à l'erreur ce singe sinon, il est éjecté de la moto, la vitesse est trop élevée, la force centrifuge trop folle ! ---


Les Marshalls et les commissaires de course de sont pas les seuls à assurer la sécurité du circuit. Il y a également la police qui est partout et les secouristes avec leurs ambulances placées dans les endroits les plus dangereux.

La police assure une bonne partie de la prévention routière qui ne suffit pas encore puisque il y a encore presque un mort par jour parmi les visiteurs. Certains caïds pensent que sur l'Ile de Man, au moment du TT, tout est permis. Avec leurs motos de sport, ils s'identifient à des McGuinness, Dunlop, Martin ou autre et roulent comme des dingues, provoquant des accidents terribles pour eux et pour les autres. Il y a pourtant le « Mad Sunday », le dimanche fou, où la vitesse est illimitée sur toute sa longueur pendant quelques heures ; certes, cette année, le temps était tellement exécrable que peu de motards ont du s'aventurer pour cette marche folle ! Alors la police réprimande. Les contrôles de vitesse sont nombreux et, encore une fois, la répression est dure puisque la police est autorisée à poursuivre les chauffards jusqu'à leur domicile pour être punis !

Les ambulances doivent elles très réactives par rapport aux accidents survenus pendant la course. L'autre jour, à cause du brouillard, l’hélicoptère ne pouvait pas se poser pour évacuer les deux side-caristes blessés. Heureusement que les ambulances étaient tout prêt du crash, que le circuit était fermé, que les Marshalls ont stoppé les pilotes pour que les bolides jaunes fluorescents puissent sillonner le plus rapidement possible en contre-sens vers l’hôpital de Douglas.


   --- 17h11, Creg-Ny-Baa ! Les premiers partis ont rattrapé les derniers ! ---


L'organisation du circuit est de toute façon bien rodée sur l'Ile de Man. Le TT n'est pas la seule course qui y soit organisée et cette île n'est pas non plus le seul endroit où ce genre d’événement se produit.

Alors que sur le continent les courses automobiles se sont plutôt enfermées sur des circuits sécurisés, les îles britanniques ont bien préservé cet esprit de compétition à l'ancienne de la première moitié du 20ieme siècle. Il existe plusieurs parcours connus comme celui dit du Triangle en Irlande du Nord où se déroule depuis 1929 (et sans interruption malgré les hostilités avec le Royaume-Uni), la deuxième course la plus importante importante après le TT ; le North West 200. D'ailleurs, beaucoup de pilotes enchainent les deux courses car le North West 200 se déroule généralement la troisième semaine de du mois de mai. Sur l'Ile de Man, un autre circuit, le Billown à Castletown, est utilisé notamment pour le Pre-TT Classic, une course de motos anciennes qui se tient le premier dimanche des essais du TT et le Post-TT Races, une course de motos récentes de 125/400 cm3 et 250/650 cm3.


   --- 17h13, Creg-Ny-Baa ! Trois sides sortent de Kate's Cottage et affrontent la descente en même temps ! La vitesse est folle, les sides tanguent dans tous les sens, le premier se déporte sur la gauche pour amorcer le virage et mieux contrôler son freinage, le deuxième en profite pour se faufiler entre le premier et la corde du virage ! Et Hop, en un tour de main, le deuxième double le premier qui se rabat avec difficulté pour ne pas laisser le troisième lui passer devant également ! Quel fabuleux spectacle ! ---


Enfin, à 15h40, après déjà quelques cafés, thés et un bon petit-déjeuner, le premier départ est donné ! Maintenant qu'on connait bien le parcours, on compte le temps et on calcule les miles franchis. On imagine le regard du pilote à travers les arbres ou les tournants. On imagine les roues fouler le tarmac, décoller parfois car la puissance de la moto est trop grande pour pouvoir rester en contact avec le sol à la sortie des bosses.

Ces fameuses bosses, il y en a 3 classiques : Braddan Bridge, Cronk-y-Voody  et Ballaugh. Nous n'avons jamais vu les motos décoller et osciller de l'avant comme une asticot fou à Braddan Bridge car nous n'avons pas trouvé l'endroit exact. A Cronk-y-Voody, nous avons eu peur de la vitesse des pilotes qui passaient tout près, trop près de nous perchés sur un petit talus. A Ballaugh par contre, nous nous sommes fait un plaisir à voir ces étoiles filantes rebondir sur le petit pont. Le mieux était un anglais avec sa moto blanche ornée d'une croix rouge toute fine ; on aurait dit qu'il n'allait jamais retomber sur terre, qu'il allait s'envoler ou faire une pirouette !

Ceux qui m'impressionnent le plus depuis le début que nous observons ces zinzins délirants, ce sont les side-cars ; ils sont d'une instabilité incroyables ! Quand on les voit arriver de loin en ligne droite, ils ont des mouvements de lacet importants ; je ne sais pas comment le pilote arrive à contrôler la machine ! Sur les bosses, il n'est pas surprenant d'y voir ajouter les mouvements de roulis et tangage ! Et dans les virages, si le singe n'est pas correctement positionner pour équilibrer le point de graviter par rapport aux forces exercées, la machine dérive ! En plus, lesinge n'a que peu de place  dans le side pour manoeuvrer et juste quelques supports pour s'accrocher ! Sur les photos, on le voit systématiquement avec les pieds tordus, ou en l'air, dans une position àla limite de la résistance physique... c'est FOU ! C'est « hopeless », sans espoir, comme dit notre voisin !


   --- 17h14, Quarter Bridge, le premier équipage doit être en train de passer cet endroit délicat pour la troisième et dernière fois ! Avec leur vitesse folle, vont-ils réellement réussir négocier le virage en bas de la grande descente puis zigzaguer dans le petit rond-point et enfin à éviter le gros arbre planté au milieu du rond-point de sortie de pont ? Rien que d'y penser, on en a des frissons ! ---


Ah ! Quel plaisir de regarder la course des side-cars. On attend avec impatience le premier car il semble plus rapide que Pégase, il nous passe devant comme une bombe dans un capharnaüm hyper bruyant ! Il fait trembler la terre lorsqu'il passe, nous secoue les tripes et nous fait vibrer jusqu'au plus profond de notre intérieur ! Les 2ieme, 3ieme et 4ieme sont pas mal non plus dans le genre sensations fortes, surtout quand ils nous font palpiter à plusieurs dans un virage !

La course des motos est différente à regarder car elles ne donnent pas les mêmes sensations d’instabilité que ses amis à trois roues. Les mouvements sont plus précis, plus gracieux, la trajectoire est plus linéaire, mais la bataille est aussi féroce qu'avec les side-cars ! Les dépassements plus nombreux et les accrochages plus vifs ! On attend plus de rebondissements dans les actions et les résultats.

Ah ! Que le TT nous fait vibrer !


   --- 17h18, Gooseneck, un équipage s'est loupé dans le virage, ils sont plantés dans le talus, c'est fini pour eux ! Ils ne passeront plus cette magnifique route de la montagne, ne sentiront plus la fraicheur de l'altitude refroidir leurs corps, ne subiront plus le vent chasser leurs casques à leur faire mal au cou ! Le drapeau jaune se lèvera pour signaler aux autres compétiteurs qu'un danger inhabituel les attends à cet endroit ! ---


Il n'y a pas beaucoup d'endroits au monde où l’être humain puisse ressentir autant de sensations sur un si petit territoire. Il semblerait que l'Ile de Man ait été bénie depuis longtemps par d'obscures croyances paganes pour posséder un tel « good karma » !

Au Manx Museum, une salle d'exposition fut aménagée pour honorer les sportifs de l'île. Pour une portion de terre aussi petite et seulement 80 mille habitants, le nombre de sports différents pratiqués y est impressionnant ; quasiment tous les sports olympiques y sont exercés, de grandes courses à pied son régulièrement organisées et même un vieux sport celte y est pratiqué, le cammag ! Tous les mannois font du sport et se mobilisent pour préparer de grands rassemblements sportifs tout au long de l’année. Pas étonnant alors que Mark Cavendish soit aussi fier de son île et de ses compatriotes !

L'Ile de Man produit pas mal de sportifs de haut niveau mais ceux-ci courent généralement sous la coupe de la Grande-Bretagne à l'international. Si vous reconnaissez le symbole très spécifique à trois pieds en armure rattachés en triskèle, qui plus est sur fond de gueules rouge, il est fort probable que ce soit un mannois ! Les autochtones sont très fiers de leur drapeau car il caractérise bien leur esprit ; quoi qu'il se passe, on retombe toujours sur une patte !


   --- 17h30, Grandstand, le premier équipage, le favori, le mannois, a passé la ligne d’arrivée après 1h 00min et 03sec de course ! Ils n'ont pas battu le record, mais se sont tout de même bien défendus ! Et surtout, ils nous ont fait vibrer tout au long de la course ! A Creg-Ny-Baa, on applaudit tous les compétiteurs pendant leur passage du dernier tour ; ils méritent tous d’être félicités ! ---


Pendant ces deux semaines de TT, les mannois ont su nous montrer leur caractère jovial et festif. Pas mal d'animations sont organisées pendant le festival comme la Funfair le long de la promenade à Douglas, qui n'est autre qu'une grande fête foraine pour les petits et les grands. La patrouille anglaise est venue faire un petit coucou dimanche soir lorsque le temps s'est éclairci. Il y aura aussi des feux d'artifice la veille du dernier jour de course. Mon préféré jusque-là fut le spectacle des Purple Helmets, ces motards anglais complètement disjonctés du cerveau qui ont fait une reconstitution des jeux olympiques à la mode TT ! Avec leurs vieilles motos, ils ont fait des figures dans tous les sens comme pour refaire la cérémonie d'ouverture des jeux, la flamme olympique plantée dans le cul d'un gros pilote ! Ils ont fait des relais de charlots et des courses de attrape-nigauds. On en voyait un parfois passer dans une fusée bringuebalante ! Tout le monde riait dans le mini stade, certains à en pleurer. Bref, de l'humour à l'anglaise à l’état pur !


   --- 17h52, Creg-Ny-Baa, on applaudi encore plus fort le dernier équipage ! Tiens, en Angleterre aujourd'hui, on célèbre le Jubilée de la Reine, ça doit applaudir aussi par là-bas ! ---


Malheureusement, avec la pluie, les activités autour du TT ont été un tantinet gâchées ! Nous nous retrouvons beaucoup dans les pubs à boire des bières. Ce n'est pas forcement bon pour le porte-monnaie car ça nous revient cher. En plus, la nourriture n'est pas excellente. J'aurais espérer trouver plus de produits de la mer mais en vain ! Je me suis rabattue sur les traditionnels plats américanisés avec pommes-frittes et burgers à toutes les sauces ! On alterne parfois avec les pizzas mais ça n'aide que très peu. Il y a bien quelques bars à tapas mais avec l'ogre Grandjean, il faut déjà commander un certain nombre de plats avant de pouvoir satisfaire son appétit !

Le TT, c'est finalement plein de rebondissements, de choses qui ne se passent pas comme elles devraient, de bras cassés, de fêtes transformées, d'attente qu'un événement se produise pour qu'un autre s'ensuive... une aventure, quoi !


   --- 18h35, Grandstand, ENFIN ! Le top départ est donné pour les Supersports ! A la radio, on entend le moteur de John McGuinness rugir ! On l'imagine bien décoller sous la porte de départ gonflable « Monster Energy » ! Il doit être en train de passer les stands, il arrive à la station essence, passe la légère courbe et s'engouffre dans la pente urbaine à 15% ! Il faut éviter les trottoirs, faire attention aux plaques d’égouts glissantes, gérer l'alternance ombre/lumière du soleil ! C'est déjà le bout de Bay Hill, il faut freiner, se pencher et passer l’épingle de Quarter Bridge ! Dunlop, Martin, Anstey et compagnie ont pris le départ et sont déjà à ses trousses ! Vite, il faut foncer ! ---


La radio nous tient au courant des mises à jour de la course. Comme les concurrents partent avec quelques secondes d'intervalle à la ligne de départ pour éviter les accidents dus à la concentration et l'extreme accélération dans les premiers mètres, le résultat final diffère du défilement que l'on voit sur le circuit. Au North West 200, tous les concurrents partent en même temps mais le parcours n'est pas le même non plus, il est beaucoup moins variant en altitude et présente plus de visibilité.

Aujourd'hui, John McGuinness est parti en pôle position mais arrivera-t-il à conserver son titre de champion ? Tellement d’aléas peuvent survenir pendant la course, une chute d'un concurrent, un animal qui traverse la route, un problème mécanique, un e bande blanche restée glissante dans un coin ombragé, qu'on ne peut pas prévoir le vainquer. Le TT, ce n'est jamais gagné à l'avance !


   --- 18h40, C'est William Dunlop qui est en tête suivi de son frère Michael à 2 sec ! Bien qu'en tête de peloton, John McGuinness juste derrière Michael Dunlop en temps et perd de la rapidité ! Allez John, faut rattraper ! Tu es le grand favori ! Ne les laisse pas te dépasser les 2 frangins ! ---


Pendant qu'on attend les concurrents de la troisième course de la journée, je m'amuse à regarder autour de moi. Le paysage est superbe depuis ici. En face, de l'autre côté de la route, on a une belle vue sur les montagnes. Les formes sont douces et ressemblent à la ligne bleue des Vosges. Par contre, la végétation est différente. Chez nous, on trouve des forêts jusqu'à 1000m d'altitude ; ici elles n'atteignent que 400m. En bas, dans les vallées, il y a moins d'arbres que dans les Vosges Méridionales, par contre il y a plus de pâtures avec de jolies haies. Les quelques arbres ayant eu la chance de pouvoir exister en crête sont tordus, couchés par les vents marins très forts. En réalité, ce paysage me fait penser à Ushuaia.


   --- 18h48, Ramsey ! Flûte ! Le très sympathique William Dunlop abandonne ! Il laisse donc son pédant de frère prendre la tête de course ! John McGuinness perd toujours de la rapidité ! Donald ou Farquhar ont déjà dû le devancer ! ---


A côté de moi, il y a des gens du monde entier. Même l'Afrique du Sud est représentée grâce à cette fille de père sud-africain vivant sur l'île. Elle ne sait même pas qui est le sud-africain qui court, alors je regarde sur mon programme de course et trouve le numéro le 50.

Le TT fait venir en gros 150 pilotes de moto ou side-car mais très peu de nationalités sont présentées parmi les concurrents. Ils sont anglais, puis  mannois et irlandais. Les pilotes australiens et néo-zélandais peuvent être plusieurs mais les américains, français, allemands, espagnols, portugais, suisses, japonais, italiens, hongrois, ou tchèques sont souvent seuls à représenter leur pays. Il n'y a même pas urusse ! Encore une fois, on retrouve bien l'esprit britannique conservateur de la course moto à l'ancienne !


   --- 18h51, Creg-Ny-Baa, John McGuinness apparaît au fond, à Kate's Cottage ! Il est le premier à nous faire vibrer sur cette course folle ! A quelques secondes d'intervalle, les têtes de course, Donald, Farquhar, Dunlop, Anstey, Hutchinson passent l'un après l'autre le virage avec fracas ! ---


Et puis la course passe devant nous ! Marc photographie les instants ; ce garçon sait capturer le mouvement, la vitesse, la précision du pilote, vous devriez regarder son site web : www.marcgrandjean.com

Moi, j'essaie de filmer mais en vain. En réalité, je ne suis pas très motivée, je préfère écrire en en appréciant la course. Alors j'ouvre mon mini calepin vert et je griffonne mes idées à la hâte entre deux actions.

Marc est dans ses photos, il change de place pour améliorer les prises de vue. Parfois on voit le regard des pilotes au travers de leur casque ; ils sont tous tellement concentrés !


   --- 19h00, Creg-Ny-Baa toujours, les compétiteurs défilent les uns après les autres, nous faisant moins vibrer que les têtes de course même si nous serions incapable d'en faire autant ! Comme par hasard, le numéro 70 semble aller encore plus lentement que les autres, comme si le numéro de la Haute-Patate était réellement synonyme de « vitesse escargot » ! ---


Dire que des petits gars du Val d'Ajol se sont posés la question pour faire cette course ! Si, si, des ajolais, vous savez bien, les Besosi, Courroy et compagnie ! Quand ils ont reçu la video et le guide des 264 virages et 60 km de ce circuit de dingue, ils ont finalement dit « NON » ! C'est dommage, ces vaillants chevaliers en avaient surement la carrure car ils étaient bons pilotes mais d'ici à pouvoir mettre en place les finances et la logistique pour y arriver, qui plus est dans un environnement franco-français, c'est effectivement autre chose.


   --- 19h28, Creg-Ny-Baa, John McGuinness est rattrapé au 3ieme tour ; Cameron Donald, Ryan Farquhar et John McGuinness passe le virage ensemble ! John n'a pu rester en tête de peloton ! Vient Bruce Anstey juste après, puis Michael Dunlop et enfin, 20 secondes après les premiers, mon favori, mon préféré, mon chouchou, Guy Martin sur sa monture Suzuki blanche et bleu et vêtu de son casque jaune tel le légendaire Joey Dunlop ! ---


Mon favori Guy Martin vient de passer, le reste n'a plus d'importance !

Pas loin sur ma gauche, il y a un type du camping qui est assis aussi. Celui-ci est venu cette semaine seulement. Nos voisins changent souvent car certains viennent pour les essais seulement et d'autres pour la course. Nous sommes des rares qui faisons tout ! On voit les changements de tente grâce à l'herbe jaunie après les départs. Ce weekend, nos voisins anglais, les premiers du camping (nous étions les deuxièmes) sont partis. C'est dommage car on rigolait bien avec eux. Le fils du gros costauds à fait de la compétition en 125 pendant plusieurs années, mais c’était dur, surtout financièrement, alors il a du arrêter. Hier, on a récupéré 13 brésiliens venus sans leurs femmes pour le moto GP de Barcelone, le TT et... Ibiza ; ils veulent savoir ce qu'est le « sein-nu » sur la plage car au Bresil c'est interdit, on ne montre que les fesses ! Comme ils logent dans de toutes petites tentes, je leur ai donné la mienne, celle qui a fait l’Amérique du nord au sud ! (Larmes)


   --- 19h34, j'imagine Guy Martin à Glen Helen, ces yeux bleus rivés sur la route tortueuse, visant les points de courbe à travers les haies bordant la voie, contrôlant son accélération, se balançant sur sa moto d'un côté à l'autre pour passer les virages sans visibilité ! A quelques secondes devant lui, Dunlop, Farquhar et les autres sont déjà sorti du tunnel de grands arbres feuillus pour se retrouver dans la grande ligne droite et bosselée de Cronk-y-Voody ! Sont-ils à pleine vitesse aujourd'hui qu'ils se suivent tous à quelques centièmes de secondes d'intervalle ? Décollent-ils après la deuxième bosses, risquant un choc avec celui qu'ils sont en train d’éventuellement doubler ? Ca doit être excitant par la-bas aussi ! Où en est John McGuinness, je n'ai pas compris les dernières mises à jour à la radio ! ---

Derrière les tribunes, c'est la mer, cette belle étendue bleue ! Avec cette pluie, elle s'est déchaînée ces derniers temps. A marée haute, le petit château en face de la promenade était presque submergé, on aurait dit qu'il allait disparaître. En ce moment la mer est calme, elle est comme endormie en attendant le prochain embrasement !


   --- 19h45, le peloton de tête doit être en train de passer Bungalow, juste sous le Mont Snaefell, le point culminant de l'Ile de Man ! Ils sont entre ciel, terre et mer à cet endroit ! Rien, aucune erreur de leur est permis, ils doivent être dans une concentration maximale ! Une erreur de freinage, une mauvaise gestion de trajectoire, un gant qui gène, un crotte de mouton glissante et c'est la chute, la frappe incontournable contre le moindre obstacle, la voltige tel un pantin de bois dans les pâtures pentues, le catapultage en flèche, fatal, vers l'autre monde ! ---


Apres-demain, on ira a Union Mills car il y a un bistrot organisé par l’église. On aimerait retourner à Ballacraine mais il n'y a qu'une petite roulotte improvisée. A Kirk Michael et à Ballaugh il y a des pubs mais les visiteurs risquent d'y affluer.

A l’église de Union Mills, il y a une petite expo photo dans l'autel des TT passés, surtout des vieilles éditions. On peut utiliser les bancs pour se reposer et/ou manger car dans la grande salle de réunion adjacente, les paroissiens organisent des snacks, sandwichs, quelques spécialités locales, desserts, boissons chaudes et froides pour les gens venant observer la course dans le jardin de l’église. Les collations sont excellentes, très bon marché avec en prime un petit plateau pour porter nos affaires ! En plus, la place de spectacle est gratuite ; seule la location de la chaise est à 2 livres pour ceux qui n'ont pas de chaise et désir en avoir une. Et les Marshalls aussi ont leur traitement de faveur !


   --- 19h47, Creg-Ny-Baa, Cameron Donald, Ryan Farquhar, John McGuinness, Bruce Anstey et Michael Dunlop nous font l'honneur de faire cortège devant nous ! Une cavalcade rapide, agressive, excitante ! Bruce Anstey guidonne fortement en entrée de virage mais maitrise son bolide et ne se laisse pas dépasser ! Qui passera bientôt en premier la ligne d’arrivée ? L'un d'entre eux va-t-il chercher à surpasser tout le monde dans les 2 derniers miles d’entrée de ville ? Guy Martin arrive quelques secondes après le peloton de tête, lui aussi en guidonnant ! Ne tombe pas ! On aurait aimé te voir gagner, on t'aime tellement tous (enfin surtout « toutes ») ! Mais on te pardonne, garçon talentueux, car tu viens de changer d’équipe et de moto ! Les autres autour de moi t'applaudissent mais moi je t'envoie un bisou, un French Kiss ! ---


Voilà, les courses sont finies pour cette journée. Les trois meilleurs se verront remettre une couronne de caoutchouc, comme une couronne de laurier, autour du cou. Le vainqueur recevra, lui, une belle coupe, une statuette d'homme athlétique posé sur une roue à rayon portant des ailes !

Le circuit reste encore bloqué pendant quelques heures car il y a encore les essais des Seniors et des Lightweight ; on rentre donc par la route de secours. On se croirait vraiment dans les Vosges Méridionales. Imaginez prendre la route de Beauregard depuis la chapelle vers St-Bresson sauf qu'on fond ce ne sont pas les ballons de Servance et d'Alsace mais la mer, la vraie, pas La Mer de Faucogney ! Si le temps était vraiment clair, on ne verrait pas les Alpes au loin, mais les côtes anglaises. On a de la chance car le soleil est magnifique et donne des couleurs intense au paysage. Par contre ici, ce n'est pas comme aux Grandes Fontaines où on se sent perdu, loin de tout. Ici, malgré la masse d'eau environnante, on se sent proche du monde car c'est plus urbanisé. Par contre, on se sent loin du reste du monde à cause de cette mer difficilement franchissable ! Le moyen le plus pratique pour rejoindre le continent avec une moto, c'est le ferry ! En cette période de course, il n'y a pas toujours de la place pour partir vite, les places ayant été réservées longtemps à l'avance par les visiteurs.

Demain, les mannois ouvriront leurs portes aux visiteurs ! A cause de la pluie, beaucoup de campings sont inondés. Un réseau est mis en place pour que les touristes le souhaitant puissent être accueillis chez les gens ayant des chambres à prêter pour une nuit ou deux, le temps de finir la course au sec ! Et en plus c'est gratuit ! Il faut faire revenir les touristes l'an prochain... Nous avons maintenant notre grande tente, la grosse des luxembourgeois, et sommes plutôt confortables alors nous resterons au camping.

Apres-demain, c'est la course des Seniors, la course la plus importante, celle que tout le monde attendait qui sera annulée ! C'est la première fois depuis que le TT existe qu'une épreuve soit annulée... Il fallait que ce soit cette année !

Nous décamperons plus tôt, nous voyagerons lundi, nous n'irons pas en Irlande comme prévu initialement ! Nous partirons frustrés par les aléas de la course, fatigués du rythme assez intensif du TT, de nos poches vides suite à cette semaine de pluie, de la moto grise qui fait constamment des caprices ! Donc plutôt que de rajouter de la frustration en rajoutant des kilomètres dans un pays qui risque également d’être pluvieux, nous prenons la sage décision de retourner dans nos pénates !


Adieu merveilleuse Ile de Man ! Adieu pilotes de mirage ! Nous reviendrons pour combler nos frustrations :)

 

Creg-Ny-Baa, Ile de Man, Mercredi 6 juin 2012

La fonction « risque potentiel » n'existe pas ; seule la trajectoire compte !

Pour une meilleure impression, téléchargez la version PDF : TT-2012-Anne et Marc.pdf